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RITES ET ARTS
Par la consommation "d'objets chargés" d'une finalité sacrée, le rite constitue
un moteur essentiel de la production artisanale dans sa forme la plus intime
et identitaire.

L'ART SACRE
L'art reliquaire Fang-Béti est célèbre par sa recherche morphologique
et ses matériaux, des objets de cultes tout comme les objets pour cultes sont
investis d'une force inhérente, à la création et à leur raison d'être. L'artiste
initié ne travaille pas comme les autres. La disparition ou l'affaiblissement
des rites a eu une incidence sur le développement de l'art Fang-Béti dont les ouvres
les plus marquantes ont rejoint des musées ailleurs.

COSMOGONIE ET ARTS
La composition rituelle (musique, chant, danse) décrit une cosmogonie
qui est source d'inspiration artistique. Certaines prestations étant liées exclusivement
à des rites appropriés, la marge de développement est étroite par rapport à
l'art dit profane. L'art produit par le rite est cette architecture invisible.

RITES ET ARCHITECTURE
La dimension ésotérique de l'architecture se retrouve, dans les
rites inspirateurs et organisateurs de spatialités. Le lieu du rituel, même
éphémère obéit à des règles précises.
Construction des cases de rites
La case du Ngui, est un exemple d'architecture sacrée, montrant le soin particulier
apporté au lieu rituel. Le Ngui est une figure de gorille, plus la statue symbolique
est grande, plus le rite et sont objectif son puissants.
La case rituelle dépasse donc largement les dimensions, d'une simple case d'habitation.
La même recherche de monumentalité se poursuit dans la figure du ZOK, (l'éléphant)
avec un choix de matériaux lié à la protection du lieu.
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Figure de l'ELONG Pendant le rituel Bokung à Bebai | XXIII Figure du NGI Chez les EFAK à Bendambejusch Nouveau Cameroun (Gabon) |
Les dispositions des lieux extérieurs
Les rites étaient le plus souvent pratiqués à l'extérieur, la clairière
servant de protection naturelle dans un contexte de respect des interdits.
L'obligation de clandestinité a eu pour effet, de passer à la construction des
cases spécialisées, pouvant contenir tous les objets rituels.
Cette culture du sacré est donc à la base, du développement d'un type d'architecture
plus étendue que l'habitat. La hauteur des Mekuc, (côtes rectangulaires) abritant
forges et fonderies, est en rapport avec le nombre d'initiés devant travailler
le fer à l'intérieur, plus la surface à couvrir est grande, plus la case monte
en hauteur.
 Plan du lien rituel SO Près de Bebai chez les Ntumu.
Les espaces ésotériques
Même en l'absence de construction matérielle appropriée, l'espace rituel demeure
une architecture (invisible) à part entière.
Les lieux de prières, dans les champs et les domiciles, les cours de palabres,
les clairières d'ablution sont des aires codifiées, qui préfigurent diverses
manières de représenter :
- le religieux
- l'éducation
- la santé
- le pouvoir
- la danse.
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