L' ARCHITECTURE


L'ARCHITECTURE DE CAMPEMENT


Etapes de construction La lutte primitive est une composante de l'histoire générale des civilisations architecturales, et porte en elle l'épure minimaliste de l'abri. L'habitat pygmée du milieu du XXème siècle, symbolise de manière contemporaine cette étape chez les Fang-Béti. Le temps des migrations La culture du déplacement a été acquise, sinon renforcée, durant la période d'errance entre le berceau nubien et la rive droite de la Sanaga. L'Essainage et la ruée vers la mer, après la traversée, confrontent des populations ayant connu la savane à la rudesse de la forêt. Les modes de vie en campement, et l'évolution des habitats de forêt et de lisière, constituent un héritage de la symbiose avec la nature, mais aussi un apprentissage technologique.


Le cycle de l'habitat nomade

Trois types de gestion du temps, sont repérables au fil de l'expérience de ces sociétés en mouvement. L'échelle de la chasse correspond à la saison d'habitat provisoire, l'échelle des lunes (guerres) est celle de la fixation transitoire. Enfin l'échelle de la génération, est celle souvent pratiquée au cours de l'essaimage. D'autres types de huttes relatives au voyage, sont à relever comme ces EBEM (abris de passage) le long des chemins et aussi les EKOURI dans la plantations éloignées.


Structure d'une cuisine traditionnelle.




L'ARCHITECTURE EPHEMERE

Cette phase migratoire a donné une expérience du matériau et du rapport topologique à la nature.
La gestion du végétal périssable, les techniques de la construction rapide, ou même la spatialisation de l'essentiel, constituent ainsi des acquis non négligeables.
L'organisation et la situation du campement renforcent la combinaison entre :
- le micro-espace (l'aire d'implantation)
- le topo-espace (aire de suivie)
- le macro-espace (aire d'exploration)


EVOLUTION DE L'HABITAT

L'évolution de l'habitat pygmée, illustre le processus d'adaptation et de maîtrise du lieu de vie, en relation avec la forêt environnante.




LE TEMPS DES SEDENTAIRES

La sédentarisation récente des Pahouins en perpétuel mouvement jusqu'au début du XXéme siècle. La colonisation s'ouvre dans une période de semi-nomadisme avec des guerres de positions sans investissement définitif, sur le lieu d'attente. L'indigénat et les travaux forcés accentuent les migrations.
Pour les cas des Beti dispersés, il faudra un décret colonial en 1925 et le poids de Charles ATANGANA pour faire cesser les déplacements de villages au Cameroun.


LA MAITRISE DU MATERIAUX FORESTIER

Avec un outillage technologique en progression, la forêt inhospitalière des Fang-Béti a été apprivoisée pour fournir l'essentiel du matériel vital.
La hutte de branchage donne peu à peu place à la case en écorce traitée, à la case en raphia tissé, pour aboutir à l'armature en terre battue, dans une dynamique de progrès faite de combinaison entre matériaux locaux et apports extérieurs.


LA DYNAMIQUE DE TRANSFORMATION

L'influence du mimétisme urbain conjuguée à la logique de survie, transforme le paysage au-delà du simple logis d'habitation. Les objets usuels nouveaux modélisant l'espace intérieur, et forgent les relations avec les aires d'implantation et l'horizon d'exploration.



ARCHITECTURE RURALE

La colonisation et sédentarisation "irréversibles" réorganisent l'espace villageois dans un contexte de modernisme qui fait le référent de la tradition.
Le village Fang-Béti se trouve depuis lors livré à un ensemble de contingences, qui le réduisent à un simple creuset de la tradition de survie.
Si la culture de l'oralité a pu s'adapter et se prévaloir d'un semblant d'authenticité, celle de la spatialité à faibli au point de ne plus savoir s'exprimer.


LA MORT DE LA MONUMENTALITE

Comme toutes les civilisations en âge mûr, celle des Fang-Béti a exprimé son génie graduel dans les trois composantes essentielles, que sont le Sacré, l'économie et le pouvoir.
La conversion au christianisme, l'interdiction des rites, le démantèlement du système éducatif, finissent par tuer les temples traditionnels.
La révolution économique symbolisée par la disparition de la métallurgie locale, aboutit au désinvestissement technologique qu'est l'accommodation /adaptation l'irruption puis l'étatisation de la chefferie territoriale, désintègre le champ de représentation politique et médiatique étouffant la grandeur de l'Abaa.


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